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Paroisse Saint-Joseph des Nations
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Histoire du quartier et de la paroisse

Historique
12ème siècle Chemin vers la courtille
1607 Fondation de l'hôpital Saint Louis
1610 Inauguration de la chapelle Saint Louis
1824 Creusement du canal Saint Martin
1852 Création de la paroisse Saint Joseph
1866 Construction de l'église Saint Joseph
1871 Révolte de la Commune
1875 Inauguration  de l'église
1980 Nouveau vocable "Saint Joseph des Nations"

La Courtille

Entre l'enclos du Temple et le village de Belleville

Dès le XIIe siècle, face à l'enclos du temple et à la Porte du Temple, existe un chemin qui deviendra la rue du Faubourg du Temple. Ce chemin s'élance vers la Courtille.

Les "Courtilles" étaient des jardins champêtres ou des vergers, environnés de haies, où nos ancêtres allaient prendre l'air. On n'y batit d'abord que de simples hangars pour se mettre à couvert. Ensuite, des maisonnettes qu'on a aggrandies et qui forment aujourd'hui les guinguettes.

Contrairement au sud du XIe arrondissement (le faubourg Saint-Antoine), laborieux, et qui a son centre religieux, de par ses convents, le long de la Roquette et de Charonne, le Nord s'adonne à la chanson, au théatre, à la danse et ne craint ni la boisson, ni le tapage, aux abords principalement du faubourg du Temple où les guinguettes, bals et cabarets prospèrent et prolongent les soirées fort tard.

Y sont renommés le fameux bar à l'enseigne du "Pistolet" et le cabaret de Gilles Desnoyer.

Situé à l'angle de l'actuelle rue des Orillons et de la rue Saint-Maur, dès 1758, le cabaret de Jean Ramponneau connut une vogue incroyable. Gueux et grands seigneurs étaient reçus de la même façon par un patron jovial qui les installait aux mêmes tables boiteuses. Patron et serveurs, portant de gros bonnets de papier colorié en forme de pain de sucre, servaient le vin à 6 deniers la pinte. Là aimait s'encanailler le monde. Là, chaque année, on montait le Mardi-Gras pour en redescendre le mercredi des Cendres après avoir "ramponné" toute la nuit, c'est-à-dire bu du vin jusqu'à ne plus voir les bouteilles.

L'hôpital et la chapelle Saint Louis

Pour doubler la capacité d'accueil de l'Hôtel-Dieu, le roi Henri IV fonde en 1607 l'hôpital Saint Louis, achevé en 1610. La chapelle de l'hôpital fut ouverte au public en 1609.

Pour en savoir plus, consultez notre page dédiée à l'histoire de l'hôpital et de la chapelle Saint Louis. Vous y découvrirez des sites dédiés à la chapelle.

Un Faubourg qui prend corps

Les moulins à vent on été détruits en 1836

Le creusement du canal de l'Ourcq (1812) prolongé dans Paris par le Canal Saint-Martin (1824) qui traverse l'arrondissement de part en part, fut un évènement important. Il constitue une des grandes artères d'approvisionnement en eau de Paris. Pour faciliter la circulation, à partir de 1859, il est recouvert par le boulevard Richard-Lenoir (voir dans la rubrique Liens, l'histoire du Canal Saint-Martin).

Du Premier Empire date l'urbanisation du coeur de l'arrondissement. Les spéculations gagnent le Nord-Est où se crèe le parcelage des rue de l'Orillon, de Riom, des Trois-Couronnes. Voies et venelles se multiplient ; le lotissement du Faubourg du Temple s'accélère.

Le boulevard et la rue du Faubourg du Temple s'énorgueillissent de théatres toujours plus nombreux. Cette "foire perpétuelle" aurait pu connaitre encore de beaux jours si Napoléon III et Haussmann n'avaient fait en 1857 le projet "d'assainir" ce quartier populeux.

Densification du tissu urbain, impasses et cités, hauteur des immeubles, surpopulation, manque d'hygiène, d'eau, d'égouts, d'air, transforment le paysage des années 1830.

Les moulins à vent on été détruits en 1836 sauf le long de la rue du moulin Joly.

Vers 1856, les activités agricoles ont disparu. Le petit commerce et la nouvelle industrie prolifèrent au fond des cours. L'industrie est partout : dans les appartements, dans les caves, dans les sous-pentes. En témoigne encore le nom des rues ou passages ou cours comme : Passage de l'Industrie, Passage de la Fonderie, Cour des Fabriques, ...

Jusqu'à Haussmann, le pavé de Paris reste problèmatique, inconfortable et dangereux. Souvent, il n'existe pas. Les essais de pavement de bois, bien que solides et silencieux, durent être abandonnés car ils étaient trop glissants pour les chevaux. On trouvait encore dans les années 1990 quelques vestiges de pavés en bois dans une entrée d'immeuble rue de la Présentation.

Pendant le Second Empire, l'avenue Parmentier est aménagée. Partant de la rue du Chemin Vert où Antoine Augustin Parmentier possédait au n° 68 une maison dans laquelle il est mort en 1813, elle vise au Nord l'hopital Saint-Louis à travers le dédale des anciennes rues.

Le boulevard des Amandiers devient l'avenue de la République. La rue de Ménilmontant devient la rue Oberkampf.

Naissance de la paroisse

La transformation du quartier amène le clergé à s'intéresser aux provinciaux et aux étrangers implantés dans les cours et appentis. L'évêché crée la paroisse Saint-Joseph en 1852.

En attendant la construction de la future église Saint-Joseph, une église provisoire, 26 rue Corbeau (aujourd'hui rue Louvel Teissier) servit de paroisse aux habitants du quartier pendant 22 ans, de 1852 à 1874.

C'était un simple hangar pouvant contenir 700 personnes, alors que la paroisse comptait environ 10.000 âmes. L'intérieur était peint en bois de chêne, la nef comportait 8 pilliers en bois de forme octogonale. Le maître-autel appliqué au fond était surmonté d'ne copie de la "Vierge aux donateurs" de Van Dyck. A l'église était adjointe une école pour 700 enfants, une chapelle des catéchismes et une maîtrise.

Un quartier qui s'affirme.

Pas d'amnistie, vive la Commune !

Le 4 septembre 1870, la Troisième République est proclamée. Les allemands sont dans Paris. Thiers négocie l'amnistie. La population des faubourgs de l'est descend vers l'Hôtel de Ville en criant : "Pas d'amnistie, vive la Commune !". Le 28 janvier 1871, la Commune est proclamée. Le 23 mai 1871 les versaillais qui soutiennent le gouvernement entrent dans Paris. L'est de Paris élève des barricades rue de la Fontaine au Roi, rue Oberkampf, rue Saint-Maur, rue du Faubourg du Temple. Dans la fureur, le feu, le sang, les barricades sont prises les unes après les autres. La dernière barricade, 17 rue de la Fontaine au Roi, tombe le 28 mai 1871. A ce numéro une plaque commémore cet évènement.

Les derniers communards furent exterminés au milieu des tombes du Père Lachaise dans des combats d'une violence inouie, pendant toute la soirée et la nuit du 28 mai 1871, sous une pluie qui ne cessait de tomber depuis plusieurs jours. On estime que 30 000 personnes furent tuées pendant la Commune.

La construction de l'église Saint-Joseph

de nombreuses difficultés dûrent être surmontées

En 1867, sous le Second Empire, on décide de construire plusieurs églises pour équiper des quartiers dont la population augmentait fortement, notamment en raison des travaux haussmanniens effectués au centre de Paris.

Pour arriver à l'édification de l'église Saint-Joseph actuelle, de nombreuses difficultés dûrent être surmontées. Elles firent l'objet d'une volumineuse correspondance entre l'Archevéché, le Conseil de Fabrique de la Ville de Paris, de 1846 à 1860. Les principaux sujets de discussion portaient évidemment sur le financement de cette construction, mais, aussi sur le choix du terrain, car cette église devait répondre aux besoins de la population de ce quartier, tant sur le plan paroissial que sur le plan de l'enseignement général et du catéchisme.

Après accord général, le Conseil municipal charge M. Théodore Ballu (architecte qui avait déjà établi les plans de l'église Saint-Ambroise et de la Trinité) d'étudier le projet Saint-Joseph à bâtir sur l'emplacement d'un casernement situé entre les rues Saint-Maur et Parmentier.

Il s'agit d'une "église-ilot", c'est-à-dire que l'ensemble de l'édifice couvre un rectangle entouré de rues, comprenant l'église, la chapelle du catéchisme (aujourd'hui appelée salle du chevet) et quelques locaux attenants. 

Suivant la vogue architecturale de l’époque, Théodore Ballu fit de larges emprunts aux modèles romans du 12ème siècle. C'est lui qui avait construit auparavant l’église voisine de Saint Ambroise, assez proche de conception mais bien différente dans l'atmosphère rendue. Parcourez la visite guidée de l'église.

L'église a été édifiée entre 1866 et 1875, mais elle fut ouverte au culte dès le mois de mai 1874 pour la Première communion où se pressa la foule.

D'après la brochure éditée à l'occasion du centenaire de l'église

Histoire jusqu'à présent

L’église fut saccagée le 20 août 1899 par des anarchistes au cours de l'émeute de Fort Chabrol.

Le deuxième procès en réhabilitation d'Alfred Dreyfus s'ouvrit le 7 août 1899 à Rennes. Dreyfus revint de l'île du Diable (Guyane) où il avait été déporté après sa condamnation en 1894 pour espionnage. Sébastien Faure, directeur du journal anarchiste Le Journal du peuple, appela à une manifestation de soutien pour l'acquittement de Dreyfus le 20 août 1899 place de la République. Aussitôt, Jules Guérin, directeur du journal l'Antijuif, organisa une contre-manifestation des antidreyfusards. De violentes bagarres opposèrent les deux camps qui aboutirent au pillage et à la profanation de l'église Saint Joseph. Le procès de Dreyfus dura 5 semaines jusqu'au 9 septembre 1899. Dreyfus fut à nouveau condamné par le conseil de guerre à dix ans de réclusion. Dix jours plus tard, le 19 septembre, le Président de la République Emile Loubet gracia Dreyfus. Il faudra attendre 1906 pour qu'il soit réhabilité.

 

En 1910, la paroisse crée un patronage pour accueillir les enfants du quartier, qui deviendra "la Cité des jeunes" et qui s'affiliera aux Coeurs Vaillants (voir plus de détails ici)

Saint Joseph des Nations

Afin de rappeler sa volonté d'accueil, alors que s'installe progressivement dans le quartier des populations aux nationalités diverses, l'église prend le vocable, dans les années 1980, de Saint-Joseph des Nations. Au cours de l'année 1990, des demandeurs d'asile déboutés y effectuèrent une grève de la faim

Autrefois constitué d’une population ouvrière,  le quartier s’est progressivement transformé  en accueillant une nouvelle génération active  et « branchée », tout en gardant une note très  cosmopolite et internationale.